Un jeune auteur faussement bourgeois et engagé écrit sur le réel. Il raconte des récits de vie. Plus vrais que nature. Et pour cause, il s’agit de récits de vies, de véritables vies. La vie des autres.
À mesure que le temps passe, l’étau se resserre. Il ne peut plus parler de simple inspiration. Parce que les choses sont claires : il vole la vie des autres.
Jusqu’à son troisième roman, où il parle de sa propre famille. C’est la goute de trop.
Dans sa soif de reconnaissance, il a emporté tous ceux dont il a raconté la vie. Jusqu’à faire imploser sa propre famille.
Pourquoi fait-il tout ça ? Et vint la réponse aux questions que les gens finissent par se poser. Parce qu’il n’a en réalité pas le moindre talent créatif. Bien qu’à l’aise avec la plume, il n’a jamais su créer de récit sans s’inspirer du réel. Quitte à flirter avec le pillage.
Mais surtout, parce qu’il est seul. Terriblement seul. Et que le pillage de la vie des autres lui permets de ne pas penser à sa solitude. Il se complaît dans cette stratégie.
Tout ce qu’il est ne repose que sur du vent. Ses références, ses mots, ses textes, et même son nom. Tout est faux. Tout a été construit par lui, pour son propre récit.
Parce ce que justement, sa véritable histoire, c’est bien celle-ci.